Ne rien inventer, s’appuyer sur du réel.

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L’intelligence artificielle impressionne souvent par sa capacité à répondre vite.

Mais lorsqu’elle travaille sur l’information métier d’une organisation, la vitesse n’est pas le premier critère.

La première exigence est de ne rien inventer.

Car toutes les réponses n’ont pas les mêmes conséquences.

Demander à une IA de reformuler un texte ou de proposer des idées laisse une certaine place à l’approximation. Mais lorsqu’elle intervient sur une procédure, un dossier technique, une consigne de sécurité, un contrat, un historique d’intervention ou une information réglementaire, une réponse plausible mais fausse peut modifier une décision.

La question n’est donc plus seulement :

« L’IA sait-elle répondre ? »

Elle devient :

« Sur quoi s’appuie-t-elle pour répondre, et pouvons-nous vérifier ce qu’elle affirme ? »

Une réponse convaincante n’est pas nécessairement une réponse juste

C’est l’un des pièges des intelligences artificielles génératives.

Elles savent produire des réponses bien formulées, cohérentes et parfois très convaincantes.

Mais la qualité de la formulation ne garantit ni l’exactitude de l’information, ni son actualité, ni son autorité.

Dans un environnement métier, plusieurs difficultés peuvent se présenter :

  • l’information recherchée n’existe pas dans les documents disponibles ;
  • plusieurs documents donnent des informations différentes ;
  • plusieurs versions d’une même procédure coexistent ;
  • le document le plus récent n’est pas nécessairement celui qui fait foi ;
  • une information ancienne reste présente alors qu’elle n’est plus applicable ;
  • une règle métier est connue des collaborateurs mais n’a jamais été documentée.

Une IA ne doit pas masquer ces situations en fabriquant une réponse vraisemblable.

Elle doit au contraire être capable de rendre l’incertitude visible.

Trois conditions pour pouvoir faire confiance à une réponse

Chez PROGEDOC, nous considérons qu’une recherche documentaire assistée par IA doit respecter au minimum trois principes.

  1. S’appuyer sur un corpus identifié

L’IA doit travailler à partir des documents que l’organisation a choisi de mettre à sa disposition.

Elle ne doit pas mélanger indistinctement une procédure interne avec des informations trouvées ailleurs.

Cela suppose déjà de savoir :

quels documents composent le corpus, où ils se trouvent et lesquels sont réellement exploitables.

C’est souvent à ce stade que les premières difficultés apparaissent.

 

  1. Pouvoir remonter jusqu’à la source

Une réponse ne devrait pas être considérée comme fiable simplement parce qu’elle paraît correcte.

L’utilisateur doit pouvoir retrouver le document sur lequel elle repose.

La source permet de vérifier :

  • le contexte ;
  • la date ;
  • la version ;
  • l’auteur ou l’autorité du document ;
  • les éventuelles réserves ;
  • et, surtout, ce que dit réellement le document.

La source transforme ainsi une réponse produite par l’IA en information vérifiable par l’humain.

 

  1. Accepter de ne pas répondre

C’est probablement le principe le moins spectaculaire.

Et pourtant l’un des plus importants.

Si l’information n’existe pas dans le corpus, si deux documents se contredisent ou si leur niveau d’autorité ne permet pas de déterminer lequel fait foi, le comportement attendu n’est pas de compléter les blancs.

Le système doit pouvoir dire :

« Je ne dispose pas d’éléments suffisants pour répondre de manière fiable. »

Ou :

« Plusieurs documents présentent des informations contradictoires. Une validation métier est nécessaire. »

Ce n’est pas une faiblesse de l’IA.

C’est une fonction de sécurité.

Le document retrouvé n’est pas toujours le document fiable

Cette distinction est essentielle.

Imaginons qu’une recherche retrouve trois fichiers :

Procédure_V2.pdf
Procédure_V2_finale.pdf
Procédure_V2_finale_corrigée.pdf

La recherche a fonctionné.

Mais le problème n’est pas résolu.

Quelle version est applicable ?

Laquelle a été validée ?

Pourquoi a-t-elle été modifiée ?

Une information présente dans la première version a-t-elle été volontairement supprimée de la dernière ?

Le nom du fichier ou sa date de modification ne suffisent pas toujours à répondre.

C’est précisément pourquoi la qualité d’une intelligence documentaire dépend d’abord de la qualité du patrimoine documentaire sur lequel elle travaille.

PROGEDOC ne considère donc pas qu’une IA doit automatiquement déterminer le « bon » document. Elle peut identifier les versions, les rapprocher, détecter des différences et signaler une incohérence. L’arbitrage final peut nécessiter une validation métier. C’est le principe de traçabilité documentaire que nous intégrons à notre approche.

Avant de demander à l’IA de répondre, il faut comprendre ce qu’on lui donne à lire

C’est ici que se situe un angle mort fréquent des projets d’intelligence artificielle documentaire.

Une organisation peut posséder des milliers ou des millions de fichiers et considérer qu’elle dispose donc d’une base de connaissances.

Ce n’est pas nécessairement le cas.

Elle possède peut-être un patrimoine documentaire considérable.

Mais celui-ci peut comporter :

des doublons, des documents obsolètes, des versions concurrentes, des PDF non exploitables, des nomenclatures historiques, des informations contradictoires ou encore des connaissances métier qui n’existent dans aucun document.

Avant l’IA vient donc une étape moins spectaculaire, mais déterminante :

comprendre, qualifier et rendre exploitable le corpus documentaire.

C’est ce que nous résumons chez PROGEDOC par :

IH avant IA — Intelligence Humaine avant Intelligence Artificielle

L’humain définit le périmètre, comprend le contexte, qualifie les documents et arbitre lorsque le corpus ne permet pas de conclure.

L’IA intervient ensuite pour rechercher, rapprocher, synthétiser et restituer.

Une IA fiable n’est pas celle qui répond à tout

Nous sommes habitués à mesurer la performance d’un outil par ce qu’il réussit à faire.

Pour une intelligence documentaire, il faut également mesurer ce qu’elle refuse de faire sans preuve suffisante.

Une bonne réponse peut donc être :

« Voici l’information et voici sa source. »

Mais elle peut aussi être :

« Je n’ai pas trouvé cette information dans les documents disponibles. »

Ou :

« Deux sources se contredisent. Je ne peux pas déterminer laquelle fait foi. »

Dans ces trois situations, le système remplit correctement sa mission.

Parce que son rôle n’est pas de produire une réponse à tout prix.

Son rôle est de permettre à l’utilisateur de s’appuyer sur une information dont il connaît l’origine et les limites.

De la rapidité d’accès à la confiance

L’IA documentaire permet naturellement de gagner du temps.

Mais réduire son intérêt à la vitesse serait passer à côté de l’essentiel.

Le véritable enjeu est de pouvoir passer de :

« J’ai trouvé une réponse. »

à :

« Je sais pourquoi je peux — ou ne peux pas encore — m’appuyer sur cette réponse. »

Cette différence devient déterminante dès que l’information contribue à une décision.

C’est pourquoi notre approche repose sur un principe simple :

Le document fait foi.
L’IA assiste.
L’humain décide.

Et parfois, la réponse la plus fiable qu’une intelligence artificielle puisse produire reste simplement :

« Je ne sais pas. »

Parce qu’en matière d’information métier, mieux vaut une incertitude explicite qu’une certitude inventée.

Franck Decker

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